Louis Torneros : du berceau catalan au cœur du bassin de Decazeville, un parcours d’installation et d’enracinement

Louis Torneros : du berceau catalan au cœur du bassin de Decazeville, un parcours d’installation et d’enracinement

Louis Torneros expose ses photographies de l’Irlande à l’Office de tourisme de Decazeville du 1er au 29 septembre 2026. Un retour aux sources pour ce fils d’immigrés espagnols, dont le parcours illustre un double enracinement : dans le bassin minier de son enfance et dans les verts paysages d’Irlande du Nord.

De l’Espagne au bassin de Decazeville : un parcours d’installation

Bien que né à Albacete, Louis Torneros est issu d’une famille du berceau catalan, une région qui a profondément marqué son identité culturelle. En 1960, la misère pousse son père à tenter sa chance en France. Le mécanicien trouve un emploi à Tramons-Bas, où il est logé.

En 1961, la famille est réunie à Decazeville. Le petit Louis découvre l’école de Saint-Michel sans comprendre un mot de français. L’arrivée du frère en 1965 permet l’obtention de la nationalité française en 1968. La famille s’intègre progressivement dans ce bassin industriel marqué par l’exploitation du charbon et de l’acier.

Cette intégration régionale se construit au quotidien. Le père enchaîne les postes : Citroën, Cassan Peugeot, Moisset Renault, puis la Houillère. Louis, lui, suit une scolarité classique, tout en développant une passion pour le dessin et la peinture.

L’école et les premières vocations

Au collège Ramadier puis au lycée, Louis Torneros se distingue par son goût pour les arts. Un professeur l’encourage à poursuivre dans cette voie. L’option grec l’oblige à rejoindre le lycée d’Albi, où il s’oriente vers « Architecture et Arts appliqués ».

Son bac en poche, il rate les Beaux-Arts de vingt points et tente l’École Boulle. « Je me retrouve sans rien », confie-t-il en 1978. Il se tourne alors vers la photographie, apprise au club d’Yves Randeynes, aux côtés de son voisin du Sailhenc, Christian Chalandar.

La photographie comme ancrage : les années Decazeville

« J’avais appris la photo au club d’Yves Randeynes », raconte Louis Torneros. Cette compétence lui permet de saisir une opportunité en 1979 : remplacer le photographe de La Dépêche du Midi, appelé à Auch. À peine le temps de couvrir les inondations de Viviez et Penchot sur sa mobylette.

Le pigiste enchaîne ensuite les reportages pour l’agence de la place Decazes : assemblées générales, matchs de rugby, festivités locales. Il apprend aussi les règles déontologiques du métier. Une photo jugée trop sensible ne paraîtra pas, tout comme celle d’un camion en feu pris sur une propriété privée.

Cette expérience professionnelle renforce son lien avec la région. En 1984, il travaille à la centrale thermique de Penchot, puis à la Houillère, où il côtoie les géologues. « Des années merveilleuses », se souvient-il.

Transfert géographique et identité culturelle : de la France à l’Irlande

En 1986, Louis Torneros suit une formation à l’École des métiers EDF de Saint-Affrique. Les années 1980 marquent la fin du plan charbonnier ; la reconversion s’impose. Il part pour Paris, se rapprochant ainsi de son amie Sharon, rencontrée au lycée de Decazeville.

Le couple s’installe à Suresnes, puis choisit l’Irlande du Nord en 1991. L’acclimatation est difficile : température, nourriture, langue. Mais Louis trouve sa voie. Il enseigne le français et l’espagnol à l’Université Queen’s, puis au Glengormley College, avant de devenir guide touristique.

Ce transfert géographique ne coupe pas les racines. Louis crée son agence de voyages, organise des circuits sur mesure pour une clientèle internationale. Il parle trois langues, et son identité culturelle se compose désormais de plusieurs strates : catalane par ses origines, française par son éducation, irlandaise par sa vie d’adulte.

Retour aux sources : l’exposition de septembre 2026 à Decazeville

Depuis 2022, Louis Torneros possède une maison au Gua. Il y revient régulièrement, renoue avec les amitiés d’enfance. L’exposition présentée à l’Office de tourisme du 1er au 29 septembre 2026 est une étape supplémentaire dans ce retour.

Ses clichés « vert Irlande » témoignent de ses trente années de pratique photographique. Il les présentera comme une « balade irlandaise », un prolongement visuel de son parcours d’installation.

Voici les dates clés de ce parcours :

  • 📅 1960 : Arrivée de la famille à Decazeville
  • 📅 1979 : Premiers reportages pour La Dépêche du Midi
  • 📅 1984 : Emploi à la Houillère
  • 📅 1986 : Formation EDF à Saint-Affrique
  • 📅 1991 : Installation en Irlande du Nord
  • 📅 2022 : Achat d’une maison au Gua
  • 📅 2026 : Exposition à Decazeville

Que retiendront les visiteurs de cette exposition ? Un regard personnel sur l’Irlande, mais aussi une histoire d’enracinement et de résilience. Louis Torneros conclut : « Tout ce que j’ai fait, c’était parfait. » Une affirmation tranquille, à l’image de sa double appartenance, entre le bassin de Decazeville et les collines irlandaises.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Prouvez que vous êtes humain : 1   +   6   =