À Genève, les infractions au Code pénal ont augmenté de 14,1% entre 2022 et 2025. C’est ce que révèle une étude de la Fondation pour l’attractivité du canton (FLAG), publiée en mi-août 2026. Les violences graves progressent de 21,4%. Près de 70% des dirigeants d’entreprise jugent la situation sécuritaire dégradée. La police cantonale conteste la lecture de ces chiffres. Voici les données complètes.
Criminalité à Genève : les chiffres de l’augmentation entre 2022 et 2025
La FLAG a comparé les statistiques policières genevoises avec celles de Bâle-Ville, Zurich et Vaud. Genève se place en deuxième position des cantons les plus exposés à la criminalité. Les infractions au Code pénal passent de 43’838 à plus de 50’000 en trois ans.
Cette progression suit une tendance observée dans les grands centres urbains suisses. Mais Genève se distingue par un taux d’élucidation plus faible que ses voisins. La police résout moins d’affaires, ce qui alimente le sentiment d’impunité.
- 📈 +14,1% d’infractions au Code pénal entre 2022 et 2025
- 🔪 +21,4% de violences graves sur la même période
- 🏢 70% des chefs d’entreprise constatent une dégradation
- 🚓 Genève affiche le ratio policier le plus élevé des cantons comparés
Le poids de la criminalité urbaine sur le canton
Les incivilités et les vols qualifiés concentrent l’essentiel de la hausse. Les quartiers de la gare et des Pâquis enregistrent les plus fortes progressions. La criminalité urbaine pèse directement sur l’attractivité économique du canton.
La FLAG a interrogé des dirigeants représentant 30’000 emplois. La sécurité arrive en deuxième position des motifs qui pourraient les inciter à quitter Genève. Un signal fort pour l’économie locale.
Sentiment d’insécurité : le ressenti des entreprises genevoises
En octobre 2025, la FLAG menait une première consultation auprès des patrons. Le résultat était déjà préoccupant. En août 2026, l’étude complète confirme cette tendance. Les dirigeants décrivent une érosion significative du sentiment de sécurité.
Les nuisances liées aux stupéfiants, les vols à l’étalage et les agressions verbales arrivent en tête des préoccupations. Les entreprises situées en périphérie ne sont pas épargnées. Certaines ont investi dans des agents de sécurité privés pour protéger leurs locaux.
Une étude qui divise la classe politique genevoise
La police cantonale a rapidement réagi. Elle estime que l’étude de la FLAG propose une lecture partielle des statistiques. Les forces de l’ordre rappellent que le nombre d’interventions a augmenté et que les effectifs ont été renforcés.
La droite genevoise s’appuie sur ces chiffres pour réclamer plus de moyens. La gauche privilégie une approche sociale et préventive. Cette opposition bloque toute réforme d’ampleur depuis de nombreux mois.
Suisse : comparaison avec Bâle, Zurich et Vaud
Le rapport FLAG établit une comparaison détaillée entre les quatre plus grands cantons suisses. Genève se situe derrière Zurich pour la délinquance globale. Mais elle devance Bâle-Ville et Vaud. Cette position s’explique par la densité urbaine et la proximité de la frontière.
Le taux d’élucidation genevois reste le plus bas des cantons analysés. Seules 24% des infractions sont résolues, contre 36% à Zurich. Cette différence s’explique par des effectifs policiers mobilisés sur d’autres missions.
La modernisation des outils technologiques apparaît comme une piste prioritaire. L’étude recommande l’usage accru de la vidéosurveillance et l’analyse de données prédictives. Des mesures déjà déployées dans les cantons concurrents.
Les infractions les plus en hausse dans le canton
Les vols aggravés progressent de 18% entre 2022 et 2025. Les cambriolages augmentent de 12%. Les infractions liées aux stupéfiants grimpent de 25%, un record pour la période.
Les violences domestiques enregistrent également une hausse de 9%. Un phénomène que les associations locales constatent depuis plusieurs années. Les victimes sont davantage incitées à porter plainte, ce qui améliore la visibilité d’un fléau longtemps resté dans l’ombre.
La cybercriminalité ne figure pas dans le périmètre de cette étude. Les infractions en ligne suivent pourtant une progression exponentielle dans toute la Suisse romande. Elles nécessitent des compétences spécialisées que les polices cantonales peinent à recruter.
Cette situation sécuritaire préoccupe également les acteurs du logement. Plusieurs promoteurs immobiliers intègrent désormais des dispositifs de sécurité renforcée dans les nouveaux projets résidentiels. Un changement de pratiques observable dans les quartiers en développement.

Formée en sciences de l’éducation, Agathe suit de près les évolutions du marché de l’emploi romand. Elle s’intéresse aux reconversions réussies et aux filières méconnues. Curieuse des réalités du terrain, elle privilégie les témoignages concrets.